Le Quatrième mur, Sorj Chalandon

le-quatrième-mur8 décembre ; trois constats s’imposent :
– c’est un peu l’angoisse de faire une chronique par jour quand même, paye ta pression
– je me rends compte que je me suis laissée emporter par mon amour de la littérature américaine et que la littérature française n’a pas encore été représentée. C’est moins ma tasse de thé c’est vrai, parce que les auteurs ont un peu tendance à se reluquer le nombril et je trouve ça chiant généralement. Mais on a quand même de grands grands GRANDS auteurs et de grands textes alors ce soir, je m’y colle !


– le troisième constat c’est qu’on se marre, on se marre depuis quelques jours et du coup j’ai décidé de plomber l’ambiance ce soir. Je vais donc te parler de ce texte magnifique qu’est Le quatrième mur, de Sorj Chalandon, publié en grand format chez Grasset et en poche au Livre de Poche.

Le pitch : Dans les années 70, le militant pro-palestinien Georges, rebelle au grand cœur qui se paye volontiers un ou deux fachos au petit dej, se lie d’amitié avec Samuel, juif grec charismatique et engagé dans les mêmes combats. Tous les deux férus de théâtre, les deux amis se perdent peu à peu de vue. Au début des années 80, Samuel ressurgit dans la vie de Georges. Il est en phase terminale et demande à Georges de réaliser son rêve, un projet fou sur lequel il a bossé comme un dingue. Ce projet, c’est de monter la pièce de théâtre Antigone d’Anouilh au Liban, en pleine guerre civile. Le but : réunir des acteurs de chaque camp du conflit pour jouer les personnages, une trève de deux heures pendant laquelle les habitants pourront souffler dans cette guerre fratricide et indicible.
Tout est prêt, les acteurs sont engagés, les autorités sont prévenues, il ne reste plus qu’à y aller et à coordonner tout ça.

Plus facile à dire qu’à faire. Mais Georges, comme un dernier hommage à celui qu’il a tant admiré, décide de relever le défi.
Le livre s’ouvre sur une scène où Georges est pris dans une fusillade à Tripoli. On sait tout de suite que rien ne va se passer comme prévu.

On ne sort pas indemne de ce roman profondément humaniste. L’écriture est sublime, ciselée, précise. On avance millimètre par millimètre avec le narrateur ; comme lui, on tatonne, on prend la température, on prend des risques, on souffre.
Il y a la guerre, terrible, il y a la folie, l’absurdité, les causes perdues. Mais il y a aussi l’espoir, l’amour, et les idées.

Difficile de ne pas en dire plus, de se contenter de ces quelques mots pour décrire un livre magistral, ESSENTIEL.

Jtavais prévenu que ce serait pas marrant.

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6 réflexions sur “Le Quatrième mur, Sorj Chalandon

  1. J’ai lu tous les livres de CHALANDON. J’adore. Ces textes sont magnifiques ! Si tu n’as pas lu  » Mon traître  » et  » Retour à Kyllibegs « , je te les conseille vivement. Ce n’est encore pas marrant, mais ce sont deux grands livres

    Aimé par 1 personne

    • Mon traitre est magnifique (retour à killybegs est la suite). Le petit Bonzi est le seul auquel je n’ai pas accroché. Je viens de finir profession du père, grosse claque. J’ai assisté à deux rencontres avec Sorj Chalandon dans des librairies récemment, c’est un homme INCROYABLE, les gens sont à chaque fois émus auc larmes, et lui aussi. Je suis FAN.

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  2. Pingback: Profession du père, Sorj Chalandon | Livromatic

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