Le Roman du mariage, Jeffrey Eugenides

10849891_10152844464158567_3898648914069285338_nTiens ça fait longtemps que j’t’ai pas causé d’un trio amoureux. Ce soir, ce sera le très épais, très ambitieux mais très brillant dernier roman de Jeffrey Eugenides : Le Roman du mariage, publié aux éditions de L’Olivier (existe aussi en Points).

Jeffrey Eugenides, tu le connais, c’est celui qui a écrit le roman Virgin Suicides en 1993, fameusement adapté à l’écran par Sofia Coppola. Jeffrey Eugenides, c’est un peu l’anti-Amélie Nothomb : tu peux compter sur la nana pour réserver sa place sur la table de nouveautés des libraires à chaque rentrée. Jeffrey Eugenides (j’aime bien son nom alors je le répète plein de fois. Même si je suis toujours pas sûre de comment ça se prononce) lui, sait se faire attendre : un roman tous les dix ans. Le mec pas envahissant quoi. Il y en a trois au total, Middlesex au milieu (où l’on suit les tribulations d’un hermaphrodite). Forcément, à cette fréquence c’est d’une autre qualité.


Il aborde dans ce roman les thèmes qui lui sont chers : la jeunesse, la recherche d’identité, le passage à l’âge adulte, la vulnérabilité des amours et la raison VS la passion. Il revisite les grands romans du XIXe siècle avec son héroïne tiraillée entre deux hommes complètement opposés.

Le roman s’ouvre dans les années 80, nous sommes sur le campus de l’université de Brown. Madeleine, jeune étudiante aisée tombe sous le charme de Léonard, jeune homme exalté, passionné et passionnant mais un peu borderline. Mitchell lui, tombe sous le charme de Madeleine. Tu vois le délire ? Et évidemment entre les deux le cœur de Maddy balance. D’autant plus que l’état de Leornard ne s’arrange pas, on découvre au fil des pages sa bipolarité, maladie qui lui bouffe la vie et celle des autres. Et puis Mitchell c’est un peu le gendre parfait, Papa et Maman seraient vachement plus rassurés de lui filer la main de leur fille parce que l’autre-dégénéré-là-ça-va-deux-secondes-hein.
On suit le trio sur plusieurs années, et, ouf, après 500 pages on sait quand même qui elle a fini par choisir. On découvre en même temps qu’elle les conséquences d’un choix raisonnable d’une vie bien rangée ou passionnel d’une vie d’amour tumultueux. Comment s’arrange-t-on avec ses idéaux de jeune fille quand on devient femme ? Sur quels points fait-on des compromis ? Comment savoir si ce sont les bons choix ? Madeleine fera face à toutes ces questions relous qui se posent à chacun, et y répondra comme elle peut.
Alors je préfère te prévenir, à moins que tu aies développé une grande passion pour les théories du structuralisme et Roland Barthes, les cent premières pages sont assez chiantes. Mais PROMIS PROMIS PROMIS après petit 1) tu achèteras Discours d’un fragment amoureux de Roland Barthes tellement les protagonistes de ce roman en sont fous et petit 2) ça vaut le coup. C’est un vrai grand roman initiatique, dans le sens romanesque, dans la fameuse tradition américaine. C’est fin, c’est dramatique, c’est romantique, c’est magistral.

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