Demande à la poussière, John Fante

10411208_10152849357168567_3975899934685887147_nAller un classique ce soir. Un incontournable de la littérature américaine (bah ouais on se refait pas).

C’est un livre qui a une place particulière dans mon coeur, premièrement parce que conseillé par ma fabuleuse Lucille et parce que lu, que dis-je, dévoré dans les derniers jours de mon road trip en Australie. Une certaine nostalgie donc lorsque j’évoque ce roman, ou plutôt ce récit semi-autobiographique.

Ce livre, c’est Demande à la poussière, du très génial mais très torturé John Fante (ça va souvent de paire quand on parle de talent) publié chez 10/18 en poche et chez Christian Bourgois en grand format. C’est le deuxième d’une sorte de saga de 4 tomes qui ont pour personnage central Arturo Bandini, alter ego littéraire de l’auteur. C’est le deuxième mais c’est certainement le plus remarqué et l’un des joyaux de ses écrits.

Arturo Bandini c’est, à l’image de John Fante, un écrivain qui galère bien comme il faut dans la Californie des années 30. Il peine à vendre ses nouvelles mais y parvient tout de même grâce à son éditeur qui croit en lui et le soutient. Sauf que si tôt ses droits d’auteurs perçus, il file systématiquement claquer ses quelques dollars dans les bars, les clopes et les bouteilles de whisky. Comme l’écriture, l’argent lui brûle les doigts et c’est fauché qu’il traverse de part en part cette histoire. En plus de son penchant fortement penché pour la picole et l’autodestruction, il s’amourache de Camilla Lopez, une jeune femme fortement perturbée pour qui il développe une véritable fascination, ce qui ne l’aide décidément pas à sortir la tête de l’eau.
Pourtant, notre Arturo-John ne demande qu’une chose : se débarrasser une bonne fois de toute cette misère qui lui colle à la peau, vivre de son écriture et se marier avec une américaine (oui parce que lui est un immigré italien, j’ai oublié de te le dire) bonne sous tout rapport afin de se hisser à l’étage supérieur de la société. Plus facile à dire qu’à faire quand on s’appelle Bandini-Fante, qu’on a des démons par dessus la tête et une Camilla qui colle aux basques entre deux séjours en HP.

On se prend d’affection pour ce loser de première classe, qui décrit et fait revivre un Los Angeles qui n’existe plus que dans les films. L’écriture est vivante, brûlante, jetée, criée. Tu te la prends en pleine gueule et t’en redemandes.

Écrit à la fin des années 30, ce roman n’a pas pris une ride et normalement tu peux le trouver facilement ; toute bonne librairie se doit de l’avoir dans son fonds à mon humble avis. Sauf si t’habites dans le XVIe, c’est moins le délire.

Et pour info, si tu as envie de les lire dans l’ordre, Christian Bourgois a publié l’année dernière les trois premiers tomes en un volume.

Dan Fante, son fils, revient sur la malédiction d’être un Fante et le poids de la transmission paternelle dans Dommages Collateraux, aux éditions 13e note, qui connaissent d’ailleurs bien des difficultés ce qui est tellement regrettable…. J’en ai lu des joyaux chez cet éditeur !

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