Price, Steve Tesich

price 2Aller j’me lance ! Je dis ça parce que c’est tout autre chose cette histoire depuis hier, tout a changé. Avant je m’adressais juste à mes copains de facebook, je m’en fichais de laisser traîner une ou deux fautes, j’écrivais comme ça venait, entre deux épisodes de Modern Family, un œil sur mon chat et une main sur ma pizza (oui je suis multitask). Et puis hier j’ai rendu public l’adresse du blog, j’ai créé une page facebook (ici) dans la foulée et là tout s’est emballé. Plus de mille vues en quelques heures, des dizaines de likes, de partages du lien, de messages d’encouragements et de félicitations de la part d’inconnus. Bref j’ai basculé dans une autre dimension.

Et. C’est. Super. Excitant. Maissuperflippant.

D’un seul coup je n’écris plus pour moi-même ou pour les quelques dizaines de potes qui avaient apprécié mes chroniques de décembre, d’un seul coup le monde entier a accès à ce que je veux dire et à ce que j’ai envie de partager. Je dis le monde entier parce que des gens ont consulté mon blog des Etats-Unis, d’Australie, de Thaïlande, de Russie et de bien d’autres endroits encore (comme de Belgique ou d’Allemagne mais ça faisait moins sexy je trouve. No offense). Ca te fait réfléchir à deux fois avant d’écrire une connerie ! (note pour plus tard : éviter les gros mots par exemple, ce serait un bon début). Et puis tu te sens un peu à poil et moi les poils… pardon, je m’égare.

Mais aller, « dans la vie faut pas s’en faire » (il paraît) alors c’est parti mon kiki pour la première chronique post-Noëlesque, de pré-adolescente blogueuse !

Et justement, à propos d’adolescence, notre héros d’aujourd’hui en connaît un rayon. Je vais te causer du magnifique roman Price de Steve Tesich, paru aux éditions Monsieur Toussaint Louverture à la rentrée dernière. Un parcours initiatique dans la pure tradition américaine. Un vrai régal.

Price a 17 ans, est sur le point d’être diplômé, n’a aucune idée de ce qu’il va bien pouvoir faire de sa vie après ça (bien qu’une petite ville industrielle comme la sienne n’offre pas non plus d’infinies possibilités), possède un niveau pas trop dégueu en lutte, son passe temps favori en dehors de traîner avec ses acolytes Larry et Billy. Mais ça c’était avant. Avant la fille. Parce qu’il y a toujours une fille pas vrai ?

Cette fille c’est Rachel, une jeune femme insaisissable, incontrôlable, qui mène son monde à la baguette, qui se veut originale mais qui voudrait qu’on la comprenne et qui fait la gueule quand on lui dit qu’elle est belle (un peu relou si tu veux mon avis) et Price s’est mis en tête de la séduire. A tout prix. Et elle le fait courir le pauvre ; un vrai marathon. Il s’y brûle les doigts, le cœur, les ailes, la tête (alouette) et il en redemande. C’est qu’on est un peu maso à cet âge-là si je me souviens bien. Mais si tu sais, ces comportements qui frôlent la psychiatrie ; ce temps infini qu’on passe à penser à celui ou celle qu’on aime secrètement, à l’attendre des heures pourvu qu’on l’aperçoive une seconde, ces souvenirs et tous ces signes qu’on invente. Parce que c’est de ça qu’il s’agit dans ce roman-là, les premiers émois, le premier amour, les premières fois. Enfin tu vois quoi.

A la maison, c’est pas la joie non plus. Le père bosse à l’usine. Usé par le travail et par une vie morose sans bonheur et sans amour, il agonise. Pas bavard, aigri et aussi froid que l’Antarctique, il exige tout de même de Price de lui prouver son amour indéfectible et notre bon gars bin ça le fatigue. Il a franchement autre chose à penser en ce moment ! La mère c’est pareil c’est compliqué, destin d’une femme fatale coincée dans un mauvais mariage. Enfin j’te laisse découvrir le reste.

Le point fort de ce roman, c’est la justesse. Des sentiments, des émotions, des situations. Un texte fin, ciselé et précis, d’une simplicité à vous refiler des complexes (bah ouais, quand ça a l’air si facile d’écrire tu te demandes pourquoi t’es pas foutue capable de faire la même chose). Mais c’est là que réside tout le talent de Tesich : te faire croire que ça roule, coule, glisse alors qu’en fait tu participes aux côté de Price à une course de fond vers l’âge adulte. Ce moment où l’on pense que l’on peut soulever des montagnes, faire naître des sentiments puisqu’on a les bons arguments, où l’on est convaincu qu’on va convaincre parce qu’on-a-raison-c’est-évident.

Cet âge où l’on court (vite), où l’on tombe (de haut), où l’on s’enflamme (pour rien), où l’on aime (pour la vie).

Et puis on grandit.

Steve Tesich est l’auteur d’un autre roman, Karoo, écrit après Price mais publié avant par Monsieur Toussaint Louverture dont j’admire le parfait catalogue que tu peux découvrir ici !

Voilà mes p’tits loups c’est fini pour aujourd’hui ! J’espère que ça vous donnera envie. Maintenant ce que vous pouvez faire c’est cliquer sur le bouton « j’aime » en bas de l’article si vous avez aimé et/ou (soyons fous) laisser un commentaire si vous le souhaitez ! Plus il y aura de trafic, plus le référencement du blog sera meilleur. A très vite 😉 et en attendant n’oubliez pas… Lisez !

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8 réflexions sur “Price, Steve Tesich

  1. La vraie question, pour comparer à Karoo, c’est est-ce que l’action met aussi 200 pages à se mettre en place ? Parce qu’il faut s’accrocher pour passer à la deuxième partie du bouquin !

    (Et sinon, félicitations pour le blog, j’ai hâte de lire la suite. Sans pression aucune !)

    Aimé par 1 personne

    • Je n’ai pas encore lu Karoo, mais j’ai tout de suite été happée par Price. Dès la première page j’ai envoyé un message à une amie : « je viens de commencer Price, et je pense que ça va être un grand moment ! »
      Après ça dépend de ton attente d’action. C’est sur que c’est pas archi mouvementé mais ça va crescendo, plus tu avances dans l’histoire et plus ça monte en pression 😉

      J'aime

  2. Ah ! Moi le seul livre que j’ai lu de chez Monsieur Toussaint Louverture, bah j’avais pas aimé du tout ^^. (Brûlons tous ces punks…). M’enfin, je ne me fie pas à une maison d’édition sur 1 seul livre. Et je me dis, why not celui-ci !! Et Enig Marcheur aussi, il me tente bien !

    Et sinon, félicitations pour ce départ bloguesque tonitruant !! Moi, je crois que le premier jour du blog j’ai eu… 3 lectures 😀

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour ! Très belle chronique pour ce livre qui selon moi – en tout cas pour moi – fut un des plus beaux de 2014 ! Quelle écriture nom d’un chien !
    Sinon, un vrai plaisir de te lire aussi, écriture vive et passionnée ! Je suis d’accord avec Raphaël, Karoo, il faut se taper au moins 200 pages trop longues pour trouver l’homme derrière le blabla ( du personnage, j’entends ) , mais Price, Daniel Price devient partie de notre vie illico, je l’aime ! En tous cas, bienvenue dans la blogosphère !

    Aimé par 1 personne

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