Max, Sarah Cohen-Scali, Max

001432529Il était une fois un roman en forme de coup de poing dans la gueule figure. Un roman publié par les éditions Gallimard Jeunesse, dans la niche à trésor que constitue la collection Scripto. Ou la preuve par A+B qu’on trouve des pépites dans la littérature pour adolescents, on ne le dira jamais assez. Ce roman s’appelle Max, comme son héro qu’on a tout le mal du monde à porter dans notre coeur, et c’est Sarah Cohen-Scali qui nous l’offre. Une expérience de lecture unique qui commence par la force de sa couverture.

Max, oh Max…

Nous sommes à l’aube de la seconde guerre mondiale. Dans quelques minutes, Max va naître et porter sur ses épaules tous les espoirs nauséabonds du régime nazi. Il est le premier bébé du projet Lebensborn, dont le but est de générer une race parfaite en faisant s’accoupler des hommes et des femmes (pas toujours volontaires hein) aryens irréprochables.

C’est Max lui-même qui nous raconte son histoire, et il commence alors qu’il est encore dans le ventre de sa mère. C’est le début d’un récit GLAÇANT. La quatrième de couverture te met tout de suite dans l’ambiance :

 » 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Data anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »

Comme tous les enfants du projet Lebensborn, Max est soumis à des tests absurdes et radicaux : on le mesure et on le pèse bien sûr, mais il s’agit aussi de vérifier l’écart entre les deux sourcils, la taille de la bouche, l’espacement entre le cou et le menton etc. Les bébés qui « déçoivent » sont écartés, disparaissent. Les autres, après les premiers mois passés auprès de leur mère biologique, sont destinés à l’adoption pour les dignitaires nazis, les couples aryens, les-gens-bien-comme-il-faut.

Après leurs jeunes années, ils sont envoyés dans des écoles archi stricts qui appliquent à la lettre la doctrine nazie la plus abjecte et se chargent de bien terminer leur endoctrinement. Et c’est cela qui glace le sang. Ce petit Max, innocent de naissance, est élevé comme un bon petit soldat nazi. Fier d’avoir été le premier bébé, d’avoir été baptisé par le Fuhrer lui-même et de représenter l’espoir d’une nouvelle patrie allemande « épurée »… : il pense, parle, agit comme un pur produit made in IIIe Reich. Il idolâtre Hitler, sa patrie, déteste les juifs et ne nous épargne aucun détail de son immonde pensée.

Mais tous ses idéaux basculent (et lui avec) lorsqu’il rencontre Lukas, qu’il admire et adore parce qu’il voit en lui la figure du frère qu’il n’a jamais eu. Lukas fait comme lui partie des jeunesse hitlériennes. Comme lui il est blond aux yeux bleus. Comme lui il est très intelligent. Oui mais Lukas est juif. Et la seule façon qu’il a trouvé de se cacher est de se faire passer pour un des leurs.

Sarah Cohen-Scali  délivre un roman sacrément documenté, qui pose la question de l’après. Que sont devenus ces enfants « offerts », « sacrifiés » pour la pureté d’une patrie devenue folle ?

Un roman essentiel, sur un sujet méconnu, à partir de 15 ans et à lire par tous au delà 😉

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2 réflexions sur “Max, Sarah Cohen-Scali, Max

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