Intérieur Nuit, Marisha Pessl

interieur-nuit-653535Aujourd’hui tu vois, j’étais contente. Je finissais le boulot à 17h30, je me suis dit que j’allais pouvoir vous concocter une super chronique-de-la-mort-qui-tue, et même, MÊME, peut-être cuisiner. Un peu. Mais ça c’était avant. Avant que j’arrive devant la porte de mon appart, que je me rende compte que j’avais oublié mes clés et que ma tendre moitié ne rentrait que dans une heure. Shit happens. Sérieusement, on en est où de l’implantation de puces électroniques pour ouvrir les portes ? parce que l’oubli/perte de clés c’est un truc un peu trop récurent chez moi je trouve.

J’étais pourtant super pressée de te parler de ce livre archi-génial et archi-brillant, un peu à l’image de l’auteure, Marisha Pessl. Le genre de nana super énervante à force d’être trop talentueuse, trop intelligente et puis jeune évidemment. Et en plus elle est même pas moche. Super énervante jtai dit. Mais voilà, on ne peut que l’adorer puisque sept ans après La Physique des catastrophes, très remarqué et entré au panthéon des grands romans américains contemporains, elle revient en frappant de nouveau un grand coup avec le roman Intérieur Nuit, publié chez Gallimard dans la collection Du monde entier. Je précise la collection car c’est un roman qui aurait pu avoir sa place dans la collection Noire, tant ce roman-là flirt indéniablement avec le thriller.

Une jeune femme de 24 ans est retrouvée morte, suicidée, dans un entrepôt abandonné. Ashley Cordova se trouve être la fille du réalisateur trash et on ne peut plus controversé Stanislas Cordova, personnage fictif dans lequel on retrouve un peu de Coppola (père), un peu de Lynch et beaucoup de Kubrick. La mort soudaine et mystérieuse de cette jeune femme va pousser Scott McGrath, journaliste jadis ovationné et désormais en (très) mauvaise posture, à reprendre du service en enquêtant sur l’impact du père sur la vie de sa fille, victime d’un héritage un peu trop lourd à porter. Ce que l’on comprend vite, c’est que le destin du journaliste est étroitement lié à celui du réalisateur et que c’est même par ce dernier que sont arrivés la disgrâce, un procès, son divorce et l’alcoolisme. Bin ouais, il avait bien senti un truc louche chez ce dingo dont les films se visionnent dans les tunnels et dans l’illégalité, mettant en scène des histoires d’une violence telle que ses fans, les cordonistes, évoquent à l’unisson une expérience dont on ne sort jamais indemne.

La force de ce roman, c’est sa construction implacable et hypnotique. L’auteure brouille sans arrêt la frontière entre fiction et réalité en créant des personnages plus vrais que nature (elle a créé une filmographie complète pour son réalisateur détraqué) et en ponctuant son roman de vrais faux articles des plus grands journaux américains et de captures d’écran de sites internet dédiés à l’information. Un roman dont on tourne les 700 pages sans s’en rendre compte, et ça, c’est super cool.

A demain les p’tits loups !

ps : si tu n’as pas la chance d’avoir une super librairie près de chez toi et que tu as envie de faire travailler ta libraire préférée (moi, of course ;)), tu peux m’envoyer un p’tit mail à librairie@voyageursdumonde.fr et nous nous ferons un plaisir de te le commander et de te l’envoyer emballé dans un très joli paquet cadeau (j’ai fait l’école du Père Noël).

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